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      • Interview de M. Olivier Loirat, chef d'établissement

        Agathe Lechevalier : pouvez-vous présenter brièvement votre parcours ?
        Olivier Loirat : D’abord, je suis né à la campagne, non loin d’ici, et ai passé mon enfance à courir les champs, observer les rivières, scruter les cieux. Ce qui a certainement nourri mon goût de la contemplation. Ici donc, à l’école, je me sens dans mon élément. Au sortir du lycée, j’ai cherché quelles pouvaient être ma voie et ma place. J’ai alors embarqué pour un voyage initiatique quelques années durant. D’abord j’ai exploré le monde antique, berceau de notre civilisation, en étudiant les lettres classiques. Puis, toujours en quête de sens, j’ai accosté en histoire de l’art où je pensais trouver quelque réponse auprès des peintres, sculpteurs, architectes qui ont façonné notre culture… Enfin j’ai interrogé ma propre pratique artistique au sein d’une école de photographie puis ai créé mon entreprise de photographe. La boucle était bouclée…ou presque. C’est alors qu’au cours de mes études, entre deux rangées étriquées d’une bibliothèque d’université, j’ai rencontré ma future épouse qui m’a amené au Christ.

        Tout cela est très personnel, et je ne veux pas paraître impudique, mais sans cela on ne peut comprendre mon attachement au Cours Saint Jean-Paul II puisque c’est ici que je me sens pleinement à ma place, un lieu où il m’est donné de grandir et de faire grandir.

        J’ai d’abord débuté au Cours Saint Jean-Paul II comme professeur de français il y a de cela 9 ans, puis s’y est ajoutée la charge de directeur du collège et en septembre le conseil d’administration m’a confié la mission de chef d’établissement. Qu’il est enthousiasmant de se mettre au service !

        A.L.: En quoi le projet du CSJP2 vous a-t-il séduit ?

        O. L.: Nous portons un projet qui est pleinement humain et donc pleinement chrétien, c’est cela qui est motivant car :

        • notre école s’épanouit dans un cadre naturel qui offre aux élèves un accès à l’observation, à la contemplation.
        • nos ateliers valorisent l’intelligence manuelle et font croître les facultés d’attention.
        • nos petits effectifs nous permettent d’entretenir une qualité de relation.

        Mais ce qui me séduit dans cette école ne réside pas tant dans le projet que dans celui qui en est le cœur, à savoir le Christ. C’est Lui la Source à laquelle nous devons puiser l’inspiration, c’est Lui le Maître que nous devons écouter. A sa suite, Il nous invite à accueillir l’autre tel qu’il est et en particulier le plus petit, alors notre école ce sont aussi les élèves extraordinaires qui la portent car ils nous en rappellent le terreau de fondation.

        C’est ici qu’il me paraît être le plus opportun de remercier Agnès pour la confiance qu’elle m’a accordée de poursuivre l’œuvre du Cours Saint Jean-Paul II, c’est ici précisément car, sans relâche, elle a toujours œuvré pour mettre les plus petits au cœur de notre école.

        A. L. : En quoi continue-t-il de vous séduire ?

        O. L. : Parce que ce nous est un défi que d’œuvrer, à l’échelle de notre école, qui est aussi une petite communauté, pour faire grandir la contemplation, l’attention, la relation, à l’heure où notre pape Léon XIV nous invite dans son encyclique Magnifica Humanitas à « édifier dans le bien » pour « rester humains ». Pour cela, il convient d’accorder une place toute particulière aux enfants car ce sont eux qui construiront le monde de demain. Voilà en somme pourquoi ce projet me plaît : il répond à notre vocation.

        A. L. : D'une manière générale, à vos yeux, qu'est-ce qui justifie l'existence des établissements hors contrat ?

        O. L. : Comme le rédigent les Pères du Concile dans Gravissimum educationis N°1 - 1965 - Concile Vatican II : « l’éducation véritable doit avoir pour but la formation intégrale de la personne humaine ayant en vue sa fin dernière en même temps que le Bien commun de la société ». Tout est dit, l’école libre doit être un chemin de sainteté au cœur du monde et pour le monde. A mon sens les termes « hors contrat » peuvent introduire un biais laissant à penser que nous sommes « hors de » voire pire que nous sommes « contre ». Bien au contraire nous sommes résolument pour : pour le Bien, le Beau, le Vrai !

        J’apprécie d’ailleurs beaucoup la formule universelle issue de la tradition chrétienne reprise par les papes dans leurs encycliques lorsqu’ils s’adressent « à tous les fidèles catholiques, à tous les chrétiens, à tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté » qui nous appelle à bâtir ensemble. Mais comme nous le rappelle Léon XIV dans son encyclique, il convient de prêter attention à ne pas construire de nouveau une Babel qui sous couvert d’unité veut en fait l’uniformité. C’est là sans doute une des vocations primordiales des écoles libres : promouvoir la valeur de la liberté, celle-là même que nous souhaitons transmettre aux élèves afin qu’ils puissent être en capacité de choisir le Bien.

        A. L.: Auriez-vous une œuvre (littéraire, artistique, musicale ou cinématographique) qui vous aurait particulièrement marquée et que vous aimeriez partager avec nos lecteurs ?

        O. L. : Question épineuse ! Je m’oblige donc à ne pas commenter.

        Œuvre littéraire : L’enfant et la rivière d’Henri Bosco

        Œuvre picturale : L’Annonciation de Fra Angelico (cellule 3 du couvent San Marco)

        Œuvre architecturale : L’abbaye du Thoronet

        Œuvre cinématographie : La ligne rouge de Terrence Malick

        Œuvre musicale : Fratres d’Arvo Pärt

        Œuvre photographique : Le jardin d’Hannibal de Marine Lanier

        Œuvre sculpturale : le travail d’Andy Goldsworthy.

        Interview de M. Raphaël Baudry, directeur primaire

        Agathe Lechevalier : Monsieur Baudry, vous êtes directeur du Cours Jean-Paul II, école primaire, depuis une semaine. Pouvez-vous présenter brièvement votre parcours ?

        Monsieur Raphaël Baudry : Bien sûr. Alors, je suis professeur des écoles de formation. J’ai exercé ce métier pendant douze ans dans des écoles catholiques sous contrat. D’abord à Paris, puis à Nantes. Principalement avec des grands, en primaire : les CE, les CM… J’ai vraiment beaucoup apprécié ce métier que j’avais vraiment choisi pour être auprès des jeunes, à un âge qui me paraît essentiel, parce qu’on pose tout plein de choses de base qui sont très importantes pour la suite de leur scolarité. Je suis suffisamment conscient de l’importance que les bases soient bien posées pour avoir choisi ce métier.

        Et puis aussi pour les possibilités éducatives qu’il donne : quand on est professeur des écoles, dans sa classe, on a les élèves pendant toute la semaine devant soi, on organise leur temps, on essaie de faire en sorte que leur emploi du temps soit équilibré. On a vraiment la chance de pouvoir s’adapter à tous, parce qu’on les connaît bien et qu’on a beaucoup de temps avec eux.

        Donc ça m’a vraiment beaucoup plu et motivé pendant douze ans.

        Au terme de ces douze années, j’ai eu l’opportunité de rejoindre le Cours Charlier, une école hors contrat de garçons à Nantes, en tant que directeur de l’établissement. J’étais directeur du collège et du primaire. J’ai fait ça pendant trois ans.

        J’ai découvert aussi cette belle mission de diriger un établissement et de pouvoir œuvrer au niveau d’un établissement entier, le contact avec les familles aussi, qui est très intéressant pour vraiment mieux accompagner les enfants, et pouvoir aussi être en lien avec toute une équipe pour essayer de coordonner un peu nos efforts pour le bien des enfants.

        A.L. : Aujourd’hui vous arrivez au Cours Jean-Paul II. En quoi le projet du Cours Jean-Paul II vous a-t-il séduit ?

        R. B. : D’abord le fait que ce soit un projet profondément catholique, dans lequel on offre la possibilité aux familles et aux enfants de vivre dans une ambiance en pleine cohérence avec l’enseignement de l’Église et avec une vie de prière très présente, qui sont pour moi deux points essentiels pour être en cohérence avec ce que les familles attendent de l’école.

        Et puis l’accueil de tous les élèves. Ce projet vraiment de faire attention à tous, quelles que soient leurs difficultés, leurs facilités, leurs niveaux, pour que chacun puisse grandir dans de bonnes conditions, à son rythme. Et donc que nous, en tant qu’école, nous puissions leur donner les moyens de faire ça, de grandir comme il faut, et donc de prendre en charge même des enfants qui sont en difficulté ou en situation de handicap, et qui ont leur place à l’école, qui ont le droit eux aussi de recevoir un enseignement exigeant, dans le sens où on veut les pousser à donner le meilleur d’eux-mêmes, et dans un cadre en cohérence avec l’enseignement de la foi. Parce que ce qui fonde un peu tout ça, c’est qu’on puisse leur transmettre ce qu’on appelle les valeurs catholiques – c’est un mot que j’aime pas trop – mais l’enseignement de la foi, qui doit un peu illuminer tout ce qu’on fait à l’école.

        Les moyens qui sont donnés à l’école, notamment les petits effectifs qui permettent de vraiment bien connaître et bien accompagner les enfants. Je dirais que ce sont les points principaux. Plus une ouverture à la nature avec le cadre qu’on a ici, qui fait que les enfants ont la chance de pouvoir souffler, prendre l’air, ce qui est aussi très important, notamment pour les plus jeunes… et c’est vrai pour les parents aussi.

        A. L. : D’une manière générale, à vos yeux, qu’est-ce qui justifie l’existence des établissements hors contrat ?

        R. B. : Alors, pour des établissements comme le nôtre, qui sont des établissements catholiques, je pense que c’est, à mon sens, un point fondamental, qui revient quand même souvent dans les discussions avec les familles : on ne trouve plus, dans l’enseignement sous contrat, des écoles qui sont suffisamment en cohérence avec ce que les familles demandent. Et donc ça, c’est un point qui fait que les familles peuvent se tourner vers nous.

        Et puis le deuxième point, c’est au niveau scolaire. La volonté des familles – parce qu’en fait tout ça part quand même des familles : le Cours Jean-Paul II est une école qui a été fondée par des familles et où les familles s’investissent beaucoup – c’est que les familles cherchent quelque chose pour leurs enfants qu’elles ne trouvent plus dans le système des écoles sous contrat ou dans l’Éducation nationale en général, et donc se tournent vers des projets qui correspondent mieux à ce qu’elles veulent.

        Pas pour que leurs enfants deviennent les meilleurs au niveau scolaire, mais pour qu’ils soient accompagnés avec une juste exigence. Je reviens sur ce mot qui, je pense, est quelque chose d’important : pour que l’on demande à chaque enfant et qu’on lui donne les moyens de donner le meilleur de lui-même. Et ça, c’est quelque chose que tous les parents veulent pour leurs enfants.

        Donc quand on ne le trouve pas dans d’autres écoles, on peut se tourner vers les écoles hors contrat pour ça.

        A. L. : Enfin, auriez-vous une œuvre qui vous aurait particulièrement marqué et que vous aimeriez partager avec nos lecteurs ?

        R. B. : C’est difficile de choisir, parce qu’il y a beaucoup de choses que j’aime beaucoup, qui me touchent, notamment dans la musique classique. Je suis toujours particulièrement touché quand j’entends soit la Neuvième symphonie de Beethoven, qui est célèbre et qui m’émeut toujours beaucoup, surtout la fin avec le chœur… ou alors le Requiem de Mozart. C’est pareil, c’est quelque chose que j’ai du mal à écouter sans être très ému.

        Mais il y en a plein d’autres, parce qu’en fait, à partir du moment où c’est beau, j’aime bien. Et dans la musique classique, il y a beaucoup de belles choses, connues ou moins connues. Je suis assez facilement ému dès qu’il y a un orchestre symphonique ou un chœur, ça me touche beaucoup. C’est un peu large, mais il y a beaucoup de belles choses.

        Et c’est quelque chose aussi que j’ai eu à cœur de faire découvrir aux élèves, parce que malheureusement il y en a beaucoup qui ne connaissent pas assez bien la musique classique. Donc ça vaut le coup de leur faire écouter et de leur apprendre à écouter, parce que c’est de la musique qui fait bouger les émotions. Et donc ça, je trouve qu’il faut leur apprendre à écouter ça.

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